Géotechnicien : Luc explore les sols pour bâtir solide
On n’aurait jamais pu construire le tunnel sous la Manche, le viaduc de Millau ou le parking souterrain d’une ville
sans les études et les calculs du géotechnicien. Cet ingénieur géologue a toujours la tête plongée dans les fondations.
« Quand on réalise un parking souterrain,
les murs de soutènement doivent
être solides. Tout dépend de la nature du
sol. Le géotechnicien étudie sa composition
et teste sa solidité en réalisant des
essais. En fonction des résultats, il calcule
le dimensionnement des murs pour
qu’ils soient robustes. » Géotechnicien
au laboratoire central des Ponts et chaussées
à Bouguenais, près de Nantes, Luc
Thorel livre un deuxième exemple pour
expliquer son métier méconnu.
« Quand il faut ériger une éolienne, le
géotechnicien s’intéresse au sol pour
voir si on pourra y placer les fondations
et à quelle profondeur. Après la reconnaissance
du terrain et des essais, il calcule
les fondations de l’ouvrage. » Il ne
faut pas être fâché avec les maths pour
exercer cette profession. « Au delà des
calculs, il faut aussi avoir le sens de l’observation
des sols. »
C’est au cours de ses études d’ingénieur
à Polytech’ Paris, une école rattachée
à l’université, qu’il découvre la géotechnique.
« On travaille sur les milieux
naturels, avec les roches et les sols tels
qu’ils sont. On analyse leurs propriétés
pour comprendre leurs comportements.
Nos calculs permettent ensuite
de construire des ouvrages sur ces
sols. » Après son diplôme d’ingénieur,
Luc se perfectionne en master recherche
à l’école des Ponts et chaussées avant
de s’engager dans un doctorat à l’Ecole
Polytechnique. Ses stages le conduisent
notamment sur les fondations de l’Opéra
Bastille à Paris.
Son premier gros dossier sera délicat :
construire en Grèce, dans le golfe de Corinthe,
une région propice aux tremblements
de terre, un pont dont les piles reposeront
au fond de la mer sur un terrain
de mauvaise qualité. « On a réalisé un
modèle réduit et on l’a testé dans une
énorme centrifugeuse installée dans le
laboratoire des Ponts et chaussées. Elle
reproduit les pressions exercées dans le
sol, notamment pendant les séismes. »
Des tests et des essais de Luc sont sorties
les solutions à appliquer sur le chantier
: renforcer le sol avec des inclusions
en acier et disposer une couche de cinq
mètres de cailloux sur le fond marin.
Le géotechnicien s’intéresse aussi aux
gonflements des sols qui, sous l’effet de
la sècheresse, provoquent des fissures
dans les maisons, aux digues qui doivent
résister aux inondations, aux glissements
de terrain… « On étudie la géologie pour
mieux calculer le dimensionnement des
bâtiments qu’on va construire. »
Joël CRUSSON, Ouest-France
Durée des études
Cinq ans après le bac
ou trois ans après une
classe prépa, le DUT gé-
nie civil, le BTS bâtiment
ou travaux publics pour
avoir le diplôme d’une
école d’ingénieur ou un
master à l’université.
Coût des études
A l’école d’ingénieurs
de Caen : 2 000 € la
1ere année, 3 800 la
2e, 5 000 € par an les
trois suivantes. Dans les
écoles publiques et IUP :
190 €. Études rémuné-
rées en apprentissage.
Salaires
Au départ : 2 000 € à
2 500 € net par mois
pour un diplômé
d’école d’ingénieur. Au
bout de dix ans :
3 100 € à 3 500 €.
Primes éventuelles (un
mois de salaire).
Embauches
Peu de postes de cher-
cheurs. Le bâtiment
et les travaux publics
recrutent entre 800 et
1 000 ingénieurs par
an. Un certain nombre
assura les fonctions de
géotechnicien.
Localisation
Les emplois se trouvent
dans les grandes entre-
prises du bâtiment et
des travaux publics, les
bureaux d’études, les
compagnies pétrolières
et la recherche.
Profil
Aimer les maths et les
calculs. Avoir le goût
de l’expérimentation et
un sens pratique. Être
rigoureux. Avoir le sens
de l’observation des
sols.