Du maître-chien au surveillant de magasin, en passant par le rondier et la télésurveillance, 110 000 personnes travaillent dans les métiers de la sécurité. Ils se développent et se professionnalisent.
Romuald Lebouc est tout de noir vêtu. À l’image de son chien, Roco, un rottweiller de 3 ans et 42 kilos, qu’il tient en laisse. « Il n’est pas dressé à l’attaque. Quand il entend du bruit, il grogne. C’est sa façon de donner l’alerte. »
Le maître et le chien patrouillent, de nuit, dans une zone industrielle proche de Vannes. D’abord en voiture. Puis à pied, pour entrer dans les bâtiments voir s’il n’y a rien d’anormal. « Les rondes sont demandées par les entreprises. Je contrôle les ouvertures. Je regarde si rien n’a été cassé ou forcé. Je vérifie les alarmes incendie et techniques sur les chaudières, les chambres froides… À moi de détecter la moindre anomalie. »
Romuald et Roco commencent leur journée de travail à 19 h. Elle se termine à 5 heures du matin. Le planning de la nuit prévoit des heures précises de passage devant chaque entreprise. L’agent de sécurité surveille aussi les chantiers pour éviter les vols de matériaux. L’été, sur les festivals, il garde le matériel sono après les concerts.
Le poste de commandement appelle Romuald. Une alarme vient de se déclencher dans une entreprise, à quelques kilomètres de là. « C’est une intervention prioritaire. Je dois m’y rendre en urgence. C’est peut-être une fausse alerte. Mais il faut lever le doute. Je peux tomber sur une effraction avec une porte pliée, un carreau cassé. Sur un casse, je ne cherche pas à intervenir. Je préviens le dirigeant de l’entreprise qui appelle la police ou la gendarmerie. Un agent de sécurité est là pour prévenir et renseigner, pas pour procéder à des arrestations. » Dans les grands magasins, il détecte discrètement les éventuels vols. « Il faut connaître la législation, le code pénal et régler les incidents le plus calmement possible, avec respect et diplomatie. »
Romuald a découvert les métiers de la sécurité après son bac scientifique et un échec à l’université, en biologie. « J’ai travaillé trois ans en boîte de nuit. Une tâche ingrate. Il faut parfois faire la police. » Après un essai dans l’industrie, un bilan de compétences le ramène à la sécurité. Mais ces métiers se professionnalisent. Romuald part au Greta de Saint-Nazaire, la formation adulte de l’Éducation nationale, préparer en neuf mois le CAP agent de sécurité. Il fera ses stages dans une entreprise proche de Vannes qui l’embauchera dans la foulée. « On apprend la détection incendie, l’assistance aux personnes… C’est cela aussi la sécurité.»