Thierry Vial est le responsable de l'antenne cherbourgeoise de l'Institut national des sciences et techniques nucléaires.
jeudi 26 novembre 2009
Cherbourg forme aux métiers du nucléaire
La radioprotection constitue le point fort de l'antenne cherbourgeoise de l'Institut national des sciences et techniques nucléaires, qui dépend du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
Naissance. L'INSTN a débuté ses activités dans des préfabriqués, sur le site d'Areva La Hague. Nous sommes en 1989 et il faut former les milliers de personnes intervenant sur l'UP 3 (Unité de production). « En 4 ans, nous avons doublé la surface de nos bâtiments, se souvient Thierry Vial, responsable de l'antenne cherbourgeoise. Nous avons multiplié nos formations car la demande des entreprises allait croissante. » En 2002, l'INSTN s'installe dans ses bâtiments actuels, à Cherbourg, sur 1 800 m2 équipés avec portiques de contrôles de sortie de zone, enceintes de confinement, circuits de tuyauterie, dosimètres... L'antenne compte aujourd'hui 1 500 stagiaires par an et emploie une dizaine de personnes dont 6 dépendent directement du CEA. L'INSTN est sous tutelle du ministère de l'Éducation nationale et du ministère de l'Industrie.
Objectifs. Il s'agit d'abord de promouvoir le savoir-faire du CEA et de dispenser des formations dans le domaine du nucléaire. Le point fort de l'antenne reste la radioprotection, autrement dit les formations de travailleurs qui doivent intervenir sur une installation nucléaire. Une obligation en France. « Elles représentent 80 % de notre activité. Ce sont des formations CEFRI (Comité français de certification des entreprises intervenantes et des organismes de formation) pour les travaux sous rayonnements ionisants ».
Domaines porteurs. Le démantèlement des installations nucléaires arrivées en fin de vie est un domaine extrêmement porteur en termes d'emplois. Actuellement, le réacteur Phénix est en cours de démantèlement à Marcoule, après 35 ans d'exploitation. Et d'autres réacteurs suivront. « Nous allons créer avec l'UFR de Caen une licence assainissement et gestion des déchets et démantèlement de l'environnement nucléaire », annonce Thierry Vial.
Les femmes. De plus en plus de femmes travaillent dans le domaine du nucléaire et notamment la radioprotection. Françoise Boulanger est l'une d'elles. Chimiste, elle a décidé de changer de trajectoire. À 44 ans, cette technicienne supérieure en radioprotection originaire du nord de la France suit une formation à l'INSTN de Cherbourg (1 200 heures l'an dernier). « J'alterne formation et radioprotection sur chantier. » Cet été, elle a travaillé sur le site d'Areva, particulièrement sur l'usine UP 2 400 qui doit être démantelée. « Il y a 20 ans, il n'y avait que des hommes dans ce domaine. Aujourd'hui, les femmes sont plus nombreuses. »
Sabrina ROUILLÉ, Ouest-France