Portrait
Jean-Paul Lécluze glisse ce conseil aux amateurs de vins. « Le millésime 2009 devrait être très bon. » Il est vrai qu'en août et surtout septembre derniers, les conditions climatiques ont été idéales dans nombre de régions viticoles pour que les raisins atteignent une parfaite maturité. L'homme sait de quoi il parle. Il est conseiller en vins.
Concrètement, il intervient dans les grandes surfaces afin de guider les clients dans leurs choix. « Je me souviens encore de deux dames, parfaitement BCBG, un peu perdues devant l'alignement de bouteilles qui se trouvaient face à elles. L'une s'est alors exclamée : « Tu te rends compte ! Il n'y a même pas un mec pour nous renseigner ! » Je me suis approché d'elles et je leur ai dit : Mesdames, le mec est derrière vous... », en sourit encore Jean-Paul.
Licencié à 54 ans et demi d'une société de distribution, cet amateur de vins a donc commencé par s'installer à son compte sous le statut de la micro-entreprise. Mais depuis un an, il a changé de régime et est devenu auto-entrepreneur.
Un complément de retraite
« Cela correspond mieux à mon rythme d'activité. L'avantage avec ce nouveau statut, c'est que lorsque vous ne travaillez pas, vous ne payez pas de cotisations », précise cet habitant de Cesson-Sévigné.
A 66 ans, Jean-Paul Lécluze aurait pourtant l'âge de ne plus travailler du tout. Quoi de plus normal ! L'homme a officiellement commencé à 16 ans, dans le commerce de volailles de ses parents, activité qu'il a poursuivie durant près de 35 ans. Seulement voilà, ce conseiller en vins n'a toujours pas l'intention de s'arrêter. « J'ai toujours envie de rencontrer des gens, des vignerons. Tant que j'ai la santé, je continue. Et je ne me suis pas fixé d'âge », assure-t-il.
Seule concession consentie par le sexagénaire : il ne travaille plus que deux jours par semaine. Sauf, évidemment, lors des foires aux vins, où le rythme est plutôt charpenté (six jours par semaine).
Mais l'autre intérêt de jouer les prolongations est aussi, évidemment, financier. Avec sa retraite avoisinant le Smig, et celle de sa femme, son activité apporte au couple un complément non négligeable. « J'ai trois enfants : l'un au Luxembourg, l'autre à Londres et le troisième à Montpellier. Pour aller les voir, c'est un plus quand même », reconnaît Jean-Paul.
Quoi qu'il en soit, son dynamisme vient d'être récompensé par l'union des auto-enterpreneurs et le ministère de l'Économie. Il y a quelques jours, à Paris, Jean-Paul Lécluze a reçu l'un des cinq trophées nationaux « Réussites de l'auto-entrepreneur ».
Pierrick BAUDAIS.